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Le retour du Mammouth Laineux sur Terre

Le JArdin Des Animaux, animalerie Sherbrooke

Les prouesses et les progrès en matière de génétique franchissent sans arrêt de nouveaux sommet.  C’est aujourd’hui que des scientifiques russes et japonais annonçaient qu’ils seraient en mesure, d’ici cinq ans, de redonner vie au mammouth laineux. C’est en clonant des cellules du pachyderme trouvées congelées en Sibérie qu’ils y parviendraient. Des études sur ce projet ont été effectuées au fil des dernières années. Le défi est désormais bien entammé, comme le révèle le Japan Times.

 

Il faut écarter d’emblée les rêves les plus fous : Le Jurassic Park de Steven Spielberg ne prendra jamais forme. L’âge d’or des grands dinosaures tels que les Sauropodes, Camarasaure, Diplodocus et autre Brachiosaure est trop lointain pour laisser une quelconque trace d’ADN exploitable. Mais pour ce qui est des animaux disparus à une époque plus récente, le pari n’est pas totalement impossible. Et ce challenge, extrêmement ambitieux, est sur le point d’être relevé. Grâce à des scientifiques japonais, pour qui la technique du clonage n’a plus de secret, le mammouth pourra peut-être de nouveau côtoyer les hommes.

Les chercheurs travaillant pour le musée de la République de Sakha, en Russie, et rattachés à l’Université de Kinki, au Japon, comptent utiliser de la moelle osseuse d’un fémur fossilisé du pachyderme découverte en août dernier en Sibérie, précisément dans la région où le dernier des mammouth s’est éteint, vers 1700 avant Jésus Christ. Et c’est à partir de cette moelle osseuse que les chercheurs envisagent d’extraire un noyau cellulaire renfermant de l’ADN intact. Selon le projet, les cellules utilisées seront alors intégrées dans un ovocyte (cellule-œuf) du cousin de cet animal disparu, l’éléphant. L’objectif étant de créer des embryons avec l’ADN du mammouth. L’embryon finalement constitué sera alors implanté dans le ventre d’une éléphante, qui donnerait alors naissance au bébé laineux. Les chercheurs japonais restent néanmoins prudents : Encore faut-il que l’ADN recueilli sur le fossile soit dans un état suffisamment exploitable pour permettre la suite des opérations.

Le Jardin Des Animaux, animalerie Sherbrooke

En savoir plus sur le Mammouth

Mammuthus, ou « mammouth laineux », est l’un des plus grands mammifères terrestres de tous les temps. Son corps d’éléphant, ses défenses recourbées et ses longs poils en broussaille symbolisent aujourd’hui la période glaciaire.

Les mammouths étaient des animaux communs des plaines et les régions boisées d’Europe, de Sibérie et d’Amérique du Nord, qu’ils sillonnaient en petits troupeaux, broutant l’herbe, les fleurs et la végétation basse. D’après certains indices, il y avait une structure sociale complexe au sein de ces groupes. Ainsi, le squelette d’un individu trouvé aux États-Unis, entouré de nombreuses empreintes en pas, témoigne d’une veillée de son corps par ses congénères (ce que font aussi parfois les éléphants modernes).

Les mammouths sont de proches parents des éléphants modernes, avec qui ils partagent de nombreuses caractéristiques, dont la forme de leur corps, leur grande taille ainsi que leur longue trompe préhensile. Leurs oreilles étaient cependant bien plus petites et leurs défenses considérablement plus longues et recourbées. Ils étaient couverts d’une épaisse fourrure de poils rêches longs de 1 mètre et disposaient d’une couche de graisse isolante sous la peau. Ces caractéristiques leur permettaient de résister au froid des hivers glaciaires, les défenses servant sans doute à dégager la végétation enfouie sous la neige.

Leur grande taille obligeait les mammouths à s’alimenter presque tout le temps. L’estomac d’un spécimen dégagé de la glace contenait 290 kilogrammes de végétaux. A l’arrivée de l’hiver, ils migraient généralement vers le sud, à la recherche de nouvelles pâtures et pour échapper aux froids plus rigoureux. Certains individus atteignaient soixante ou soixante-dix ans, à peu près comme les éléphants modernes. Les premiers os fossiles ont été découverts il y près de 500 ans, mais ce n’est qu’en 1796 qu’on les attribua à une espèce éteinte d’éléphants. Depuis, des milliers d’os et de défenses ont été retrouvées dans tout l’hémisphère Nord, et jusqu’en Amérique du Sud. Les plus célèbres restes de mammouths sont les individus congelés découverts en Sibérie, qui émergent parfois des berges érodées d’anciennes rivières. Ces capsules témoins congelées ont été soigneusement étudiées par les scientifiques. Ces animaux seraient tombés dans des marécages glacés ou des crevasses, où ils seraient morts d’hypothermie.

Comme en témoignent les os de ces géants retrouvés dans des sites de campements humains, plusieurs espèces (dont Homo neandertalensis et Homo sapiens) consommaient du mammouth ou même le chassaient. On attribue parfois aux humains l’extinction des mammouths, mais leur disparition est plus certainement liée aux changements de leur environnement à la fin de la dernière glaciation. Une population de mammouths pygmée: aurait survécu jusqu’à -6000 ans sur une île au large de la Russie. Avec l’extinction des mammouths, les seuls survivants des proboscidiens (qui regroupent tous les éléphants) sont les éléphants d’Afrique et d’Asie. Mais ces animaux ont cependant d’étranges parents encore vivants : le dugong, ou vache de mer, d’une part, qui s’est séparé de la lignée principale des proboscidiens il y a 40 millions d’années et, d’autre part, un cousin encore plus surprenant, le daman, petit animal d’Afrique semblable à une marmotte, séparé des proboscidiens depuis 45 millions d’années. D’après de récents tests d’ADN, ces deux espèces sont apparentées aux éléphants modernes.

 

Publié le 7 décembre 2011

Source: Japan Times


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